Les plus grands booms d’infrastructures de l’histoire reposent tous sur quelque chose de simple, mais d’absolument vital :
La terre.
Les chemins de fer en avaient besoin pour poser leurs rails. Les compagnies pétrolières pour leurs pipelines. Et les réseaux télécoms pour leurs antennes et leurs câbles à fibre optique qui traversent les continents.
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle devient à son tour une infrastructure essentielle.
Sauf qu’elle commence à s’étendre bien au-delà des limites du sol.
Jusqu’au beau milieu de l’océan.
Du calcul qui flotte
Plus tôt ce mois-ci, une startup basée à Portland du nom de Panthalassa a annoncé une levée de fonds de 140 millions de dollars en série B, menée par Peter Thiel — le cofondateur de PayPal et investisseur de la première heure dans Facebook.
Le projet de l’entreprise ? Construire des nœuds de calcul IA flottants, qui produisent leur électricité à partir des vagues, se refroidissent à l’eau de mer et transmettent les données vers la terre par satellite.

Image: Panthalassa
Pourquoi se lancer dans un défi aussi colossal ?
Parce que le boom de l’IA est en train de devenir un problème énergétique.
L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) estime que la consommation électrique mondiale des data centers va plus que doubler d’ici 2030. C’est l’équivalent d’ajouter un Japon entier au réseau électrique mondial.

Image: IEA
Aux États-Unis seulement, la demande énergétique des data centers pourrait tripler entre 2023 et 2028.
Et cela crée un goulot d’étranglement majeur pour toute l’industrie de l’IA.
Les data centers modernes ont besoin d’énormes quantités d’électricité, mais aussi d’eau, de terrain et d’infrastructure de refroidissement. Or, si les entreprises peuvent construire de nouveaux modèles d’IA en quelques mois, les systèmes physiques qui les font tourner mettent, eux, beaucoup plus de temps à se déployer.
Les nouvelles lignes de transmission nécessitent des années d’autorisations et de construction. Les centrales électriques, encore plus.
Pendant ce temps, les fournisseurs d’électricité à travers tout le pays sont sommés de répondre à une demande qu’ils n’attendaient pas avant une décennie.
Cela force les géants de la tech à repenser totalement leur stratégie d’approvisionnement énergétique.
Microsoft et Amazon misent sur des projets nucléaires pour alimenter leurs futures infrastructures IA. Google explore la géothermie avancée. Et tous, y compris Meta, signent des contrats massifs d’énergie renouvelable pour sécuriser leur approvisionnement à long terme.
Autrement dit : la course à l’IA ne se joue plus seulement sur la qualité des modèles. Elle se joue désormais sur la capacité à sécuriser l’énergie nécessaire pour les faire tourner.
Panthalassa pousse cette idée jusqu’à sa conclusion la plus extrême.
Au lieu d’acheminer l’électricité jusqu’aux data centers, l’entreprise veut placer l’infrastructure IA directement au-dessus d’une source d’énergie inexploitée et colossale.
L’océan.
Car l’océan produit en permanence de l’énergie : par les vagues, les marées, les mouvements de masse d’eau.
Le Département américain de l’Énergie estime que les ressources marines des États-Unis pourraient générer environ 2 300 térawattheures d’électricité par an.

Image : Marine Energy Council
Soit plus de la moitié de toute l’électricité produite aux États-Unis l’an dernier.
C’est pour cela que les chercheurs tentent depuis des décennies de capter cette énergie pour la convertir en électricité.
Mais l’énergie houlomotrice a toujours buté sur un problème de taille.
L’océan est un endroit terrible pour y construire des machines.
L’eau salée corrode les métaux. Les bernacles s’accrochent à tout. Les tempêtes ravagent les équipements. La maintenance coûte une fortune. Et acheminer l’électricité depuis le large jusqu’à la côte exige des câbles, des sous-stations, des permis et des connexions au réseau.
Résultat : l’énergie des vagues est restée l’une de ces technologies qui paraissent toujours prometteuses, mais jamais vraiment viables.
Panthalassa pense avoir trouvé la parade.
L’entreprise ne veut pas renvoyer l’électricité vers la terre. Elle veut l’utiliser directement sur place, en mer.
Plutôt que de construire des systèmes offshore et de tenter de les raccorder au réseau, Panthalassa utilise l’énergie là où elle est produite. Ses plateformes flottantes génèrent de l’électricité à partir des vagues, alimentent des puces d’IA, et utilisent l’eau de mer pour refroidir l’ensemble. Les données, elles, repartent vers la terre par satellite.

Image : Panthalassa
Cela ne résoudra pas nos problèmes énergétiques. Mais cela pourrait les atténuer.
Et nous avons déjà la preuve que les data centers et l’océan peuvent cohabiter.
Le projet Natick de Microsoft a testé un data center sous-marin au large des îles Orcades, en Écosse. Après deux ans sous l’eau, Microsoft a constaté que ses serveurs étaient huit fois plus fiables que ceux installés sur la terre ferme.
L’entreprise attribue ce succès à l’environnement scellé, aux températures stables et à l’absence d’intervention humaine.
Bien sûr, cela ne prouve pas que les nœuds océaniques de Panthalassa fonctionneront.
Personne n’a démontré que des flottes de nœuds IA flottants peuvent survivre plusieurs années en pleine mer.
Personne n’a démontré que la bande passante satellitaire sera suffisante pour des charges de travail commerciales importantes.
Et personne n’a démontré que les régulateurs accepteront de voir des milliers de plateformes de calcul autonomes opérer au large des côtes.
Mais le projet Natick a prouvé une chose : l’idée n’est pas une fantaisie.
Et la demande en IA devient si pressante que des idées jugées « farfelues » il y a encore quelques années attirent désormais des capitaux très sérieux.
Mon avis
Les premiers nœuds pilotes Ocean-3 de Panthalassa devraient être déployés dans le Pacifique Nord en 2026, avec un déploiement commercial visé pour 2027.
Cela en dit long sur la direction que prend l’intelligence artificielle.
Le boom de l’IA est en train de devenir si gigantesque qu’il dépasse les limites traditionnelles de l’infrastructure. Et cela pousse les entreprises à chercher de la puissance et de la capacité de calcul dans des endroits qui auraient paru absurdes il y a quelques années à peine.
Mais soyons honnêtes une seconde.
Aussi fascinants soient-ils, ces projets ressemblent davantage à des paris technologiques qu’à des solutions à grande échelle.
Des nœuds flottants dans le Pacifique en 2026 ? Un déploiement commercial — peut-être — en 2027 ? Avec quelle régulation ? Quelle bande passante ? Quelle résistance aux tempêtes sur dix ans ?
Pendant ce temps, la demande en électricité des data centers, elle, explose dès maintenant.
Les géants de la tech ne s’y trompent pas. Tous ont déjà fait leur choix d’arbitrage à long terme : ils investissent massivement dans le nucléaire avancé. Pas dans l’espoir, mais dans le réel.
Car une seule technologie est aujourd’hui capable de fournir une puissance dense, continue, déployable rapidement et économiquement viable à l’échelle des besoins de l’IA : les microréacteurs nucléaires de nouvelle génération.
Et au cœur de cette technologie, on retrouve un composant invisible mais absolument stratégique : les Trinity sphères — un combustible nucléaire révolutionnaire, conçu pour être intrinsèquement sûr, ultra-résistant, et adapté à ces nouveaux réacteurs compacts.
Aujourd’hui, l’IA a un nouveau besoin fondamental : l’énergie. Et les Trinity Sphères sont là pour le combler.
Il n’est donc pas étonnant qu’Amazon, Google, le Département de l’Énergie américain et la NASA aient déjà massivement investi dans cette technologie. Et qu’ils soient suivis par Ken Griffin, le fondateur milliardaire de Citadel — l’un des hedge funds privés les plus puissants et les plus performants au monde.
Découvrez les Trinity Sphères : la technologie qui alimente déjà la révolution de l’IA
À très vite,
Ian King